J’ai assisté à un procès aux Assises

cour d'assises
Il arrive dans une vie que l’on soit juré dans un procès, témoin, voire pire, à la barre en tant que victime ou accusé. Pour ma part, je viens d’assister pour la toute première fois à un procès aux Assises, en tant que simple spectatrice.
Le cadre est édifiant. « C’est comme à la télévision ». Vous avez le Président et ses assesseurs, l’avocat général à la droite et le greffier à gauche, qui retranscrit notamment les débats. Toujours sur la gauche du Président, se situent plusieurs bancs. Ceux-ci sont pour les jurés. Ce sont en fait neuf citoyens tirés au sort ; cela peut donc vous tomber dessus au cours de votre vie. A droite, vous avez en théorie l’accusé, qui se situe derrière une vitre et qui est escorté de deux policiers. Un peu plus loin dans la salle, vous avez encore quelques bancs, cette fois-ci pour les témoins. Et puis la salle est coupée, vous avez d’autres bancs pour ceux qui souhaitent assister au procès. Si le décor est impressionnant, ce n’est encore rien comparé à l’ouverture du procès. 
Quand le procès s’ouvre, c’est un peu comme lorsque la messe débute : il faut se lever de son siège et attendre qu’on nous donne l’autorisation de nous asseoir. Les personnes de la Cour ont un sacré débit de parole, avec un vocabulaire impressionnant et un excellent sens de la répartie. Faire face à des personnes accusées de crime fait partie de leur quotidien. Pour eux, c’est banal d’entendre parler de meurtres, de viols, d’assassinats ou encore de vols. Pour nous, pas. Alors venir témoigner pour la première fois à la barre, dire « Je le jure », justifier de ses actes, raconter ce qui est arrivé n’est pas chose aisée. Même si l’on a préparé notre discours et que l’on s’attend forcément à être interrogé par la Cour, on reste pantois. On a du mal à parler, à trouver nos mots. On n’est tout simplement pas habitués à avoir ce type d’interlocuteurs ou à se faire titiller par les avocats. 
Lorsque le procès dure plusieurs jours, les tensions et la fatigue s’accumulent. Les journées sont longues, le répit de courte durée. Après les témoignages des experts, les discours des témoins, de la famille, voire des amis, il faut encore patienter quelques heures avant de découvrir le verdict. Perpétuité, emprisonnement avec ou sans sursis, période de réclusion, la condamnation peut être lourde. Un soulagement pour les uns, une douleur pour les autres.
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