Toutes ces choses qu’on ne s’est pas dites

A_Loss_For_Words_by_billyunderscorebwa

Il y a des mots, des paroles qu’on prononce et qu’on ne pense pas. Des paroles qui ont un tout autre sens et que nous sommes les seuls à comprendre. Des paroles qui sont faites pour combler les blancs dans une conversation ou en lancer une, ou qui sont dites, juste par politesse.

Comme lorsqu’on prononce : « Allô » au bout du fil, pour établir une liaison, ou bien « comment ça va? » lorsqu’on croise quelqu’un dans la rue sans forcément s’arrêter. Jamais la personne répondra « ça va mal », elle vous dira « oui » aussi poliment que vous lui avez demandé comment elle allait. Rien de plus. Rien de moins.

Il nous arrive nous aussi de répondre « ça va » sans rien dire de plus, parce qu’on ne veut pas déballer ce qu’on a sur le cœur, parce qu’on ne veut pas se confier à cette personne qui nous le demande. Parce que derrière notre « ça va » et bien ça ne va pas. C‘est comme ce sourire qu’on s’efforce de coller sur notre visage alors qu’on a seulement envie de pleurer.

Il y a aussi ces formules toutes faites : ces « je plaisante, je rigole » quand on veut se moquer de quelqu’un, le taquiner, même si au fond on le pense peut-être un peu, car il y a toujours une part de plaisanterie dans la vérité.

Ce fameux « c’est pas grave », même si ça l’est un peu. On relativise, on réconforte, on pardonne. On passe par dessus parce qu’on sait qu’il y a plus important que cela.

Tous ces : « je m’excuse, je suis désolé » alors qu’on ne l’est pas tant que ça. Après tout, on n’était pas vraiment responsable dans l’histoire, mais on le dit pour désamorcer la bombe, éviter que la dispute se prolonge.

Un « je t’aime » dit sous l’emprise de l’alcool ou clamé parce que l’autre personne a osé l’avouer et qu’on ne voulait pas la décevoir. Un « je te déteste » pour rigoler, pour dire à cette personne qu’on adore la détester. Un « je déteste » avec un petit sourire en coin, pour montrer son affection.

Toutes ces questions posées au détour d’une conversation pour en savoir plus sur l’autre tout en semblant désintéressé. « Pourquoi ? » parce qu’on « se demandait juste », « comme ça » ou « rien, pour savoir ».

Tous ces « je ne sais pas » alors qu’on sait très bien ce qu’on aimerait répondre mais qu’on n’ose pas le dire. Des « je ne sais pas » et des « comme tu veux » parce qu’on n’a pas envie de décider, parce qu’on préfère que ça soit les autres qui prennent les décisions pour nous.

Toutes ces phrases dites, sous le coup de la colère, de l’émotion, qu’on pense profondément ou absolument pas. Toutes ces phrases qu’on finira par oublier, dont on ne se souviendra plus. Seul celui à qui elles avaient été destinées ne les oubliera point.

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