Sang dessus-dessous

L‘hôpital est loin d’être l’endroit le plus gai au monde, bien au contraire. Pour certaines personnes, il est même impossible d’y mettre les pieds tellement elles y sont mal à l’aise. Pourtant, on essaie de faire en sorte que les malades s’y sentent bien et en sécurité. Le personnel est aux petits soins, toujours tout sourire. Il y a aussi parfois un clown qui se balade dans les couloirs afin d’amener un peu de joie aux enfants hospitalisés. Quelques gags, un nez rouge, des ballons colorés, de grosses chaussures et la bonne humeur est à nouveau présente dans les chambres.
L‘ambiance n’est pas la même aux urgences. Une immense salle d’attente pleine à craquer avec TF1 en fond sonore. Dans les séries américaines, ce coin-là de l’hôpital est toujours en effervescence, alors qu’ici, presque rien ne bouge. On attend pendant des heures qu’on nous appelle, qu’on nous ausculte. Il faudrait venir le corps ensanglanté pour que le personnel s’occupe directement et rapidement de nous.
Aller à l’hôpital pour rendre visite à quelqu’un c’est une chose, être soi-même le patient en est une autre. Le stress nous gagne au fur et à mesure que la date fatidique se rapproche. On longe les murs aux couleurs ternes dans les couloirs tout en se demandant si l’opération se passera bien, si l’on reverra le monde extérieur, la lumière du jour. Les néons nous éblouissent. L‘atmosphère est peu chaleureuse. On arrive dans la chambre où un verre d’eau et un calmant sont soigneusement disposés sur la table. Tout est tellement calme. On enfile une blouse complètement ouverte dans le dos, c’est à se demander s’ils n’ont pas oublié de coudre un côté. On s’installe tranquillement dans le lit et l’on attend que les infirmiers ou les brancardiers viennent nous chercher. On a l’impression que le cachet ne fait aucun effet car on sent la pression monter seconde après seconde. On nous roule dans les couloirs, ça ressemble presque à un jeu. Arrivé au bloc opératoire, tout semble beaucoup plus sombre, plus froid. On rencontre les médecins, les chirurgiens, l’anesthésiste. On nous met une perfusion. Maintenant, on va devoir compter jusqu’à 10. Persuadé que l’on arrivera même jusqu’à 11, on peine à prononcer le chiffre 3. Ni vu, ni connu, on s’endort, sans même s’en rendre compte.
Dans la salle de réveil, la discussion entre deux personnes nous réveille. On est légèrement dans les vapes. On ne ressent aucune douleur et l’on se sent atrocement bien. On nous ramène dans notre chambre, quelques heures passent puis vint l’heure du déjeuner. L‘odeur gagne l’ensemble du bâtiment. Le plateau repas ne semble pas franchement appétissant. On grignote, attendant sagement que la famille nous amène quelques douceurs au courant de l’après-midi. Les visites égayent les journées des malades. La voisine du lit d’à côté dévore son plat. Elle n’est pas très bavarde, elle dort beaucoup. Mieux vaut ça plutôt qu’une qui ne cesse de se plaindre, d’appeler toutes les cinq minutes une infirmière ou de hurler à la mort.
En sortant de l’hôpital, on a l’impression de revivre. On va maintenant pouvoir se faire dorloter tranquillement chez soi pendant quelques jours. Qu’il est bon d’être choyé et chouchouté comme ça.
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