Tous Saints

Le temps est gris, les arbres se dénudent, les journées « rétrécissent » et les vêtements chauds ont été sortis des placards. Nous sommes le 1er novembre, jour de la Toussaint, veille du jour des morts. Les fleuristes ont mis le paquet en multipliant les variétés de fleurs dans les serres et en mettant en avant les chrysanthèmes à des prix imbattables. Quelques-uns ont laissé libre cours à leur créativité en imaginant diverses compositions florales.

Les cimetières n’ont jamais été autant remplis de personnes vivantes. C‘est comme si toute la population assistait à un enterrement le même jour. Les familles, habillées de leurs manteaux sombres, marchent doucement dans les allées puis se faufilent à travers les petits chemins, comme si elles parcouraient un labyrinthe à la recherche de la sortie. Elles rendent visite à plusieurs défunts, s’exclament devant certaines pierres tombales en disant : « Oh comme elle est belle » ; « Personne ne l’entretient celle-là » ou encore « Mais il y a écrit quoi sur la plaque ? »…Devine ! « Nos sincères félicitations » peut-être ?! Elles croisent ensuite des connaissances avec lesquelles elles échangent quelques banalités : la météo, le travail, les enfants et accessoirement « Qui est mort la semaine dernière ? » D‘autres préfèrent attendre un autre jour pour fleurir les tombes afin d’éviter de rencontrer ces personnes justement à qui elles n’ont rien à dire parce que cela ne les regarde pas après tout.

Et parce que c’est la Toussaint, on en profite pour faire un peu de nettoyage, déposer et arroser des fleurs, ce que tout le monde ne fait pas forcément au courant de l’année. Les croyants n’hésitent pas à improviser une petite prière ou à faire simplement le signe de croix. La veuve s’en va rendre visite à son époux, lui raconter les dernières nouvelles et lui confier à quel point il lui manque chaque jour qui passe. Non loin de là, un fils verse quelques larmes sur la tombe de sa mère, décédée récemment, et allume une petite bougie. Quelques heures plus tard, le cimetière se vide, la vie reprend son cours et l’on rentre chez soi. On pense à ceux qu’on aime et qui ne sont plus de ce monde, même si nous n’avons pas besoin d’aller nous recueillir pour nous souvenir d’eux. Ils « n’existent » peut-être plus mais ils vivent pour toujours dans nos cœurs.
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