Je suis passée par la case « prison »

Vous avez bien lu, je suis passée par la case « prison »…à plusieurs reprises déjà et pourtant, je n’ai pas touché les 20 000 francs. Je n’ai commis aucun meurtre, ni vendu de drogues, ni aucune autre bêtise, non. Je suis allée en prison pour le travail. Je ne suis pas surveillante pénitentiaire mais je me rends environ une fois par mois en maison d’arrêt.

La première fois, c’est le grand stress. Avec tous les films, les séries télévisées et les faits divers, il y a de quoi vous allez me dire. J’ai pris mon courage à deux mains. Devant l’établissement pénitentiaire, le calme absolu et une grande porte métallique qui fait légèrement froid dans le dos. Je sonne. On m’ouvre. Je me retrouve alors dans une sorte de SAS en plein air. Un peu comme dans une cage. Assez petite. Je dois attendre que la seconde porte soit actionnée. Plusieurs secondes s’écoulent, heureusement, je ne suis pas claustrophobe. La porte est déverrouillée, je traverse une petite cour. L’ambiance est pesante. Je me retrouve enfin devant la porte d’entrée. Ça y est, me voilà dans la prison. A « l’accueil », on me demande ma carte d’identité. Je peux laisser mes affaires dans un casier ou les prendre avec moi, à condition de passer les portiques de sécurité. Un peu comme à l’aéroport. Je décide finalement de ne rien emporter avec moi. Je traverse le portique. Je me sens presque nue sans mes affaires habituelles, mon sac.

L’endroit où je dois me rendre se situe au dernier étage de la prison. Je dois donc traverser toute la maison d’arrêt pour y parvenir. Première porte aux barreaux. Clic. Seconde porte. Re-clic. Me voici dans l’arène. Je revois mentalement toutes les scènes qui se déroulent en prison, que l’on voit dans les films. La réalité n’est pas si loin. De chaque côté, des cellules, et au milieu un grand escalier. A chaque étage, des filets. Contrairement aux idées reçues, c’est le calme absolu. S’il m’est impossible de voir ce qui se passe derrière chaque porte, je sens la présence des détenus. Arrivée à la pièce où on est censé m’attendre, j’en rencontre deux. Ils sont sympas. Ils inspirent presque confiance. Ils ne sont pas vêtus de combinaisons oranges comme aux USA. La plupart sont en jogging. La curiosité m’envahit pourtant. Pourquoi sont-ils en prison ? Qu’ont-ils fait pour en arriver là ? J’arriverai parfois à le savoir, sans rien demander à qui que ce soit. Je croise d’autres détenus. Ils sont polis. D’autres ont l’air plus bizarre. Ils ont le regard perdu dans le vague. Peut-être sont-ils sous sédatif. Ils me rassurent moins. Je fais mon travail. J’en oublie presque que je suis en prison. Seuls les barreaux sont là pour me le rappeler. Deux heures plus tard, je ressors. Libre.

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3 réflexions sur “Je suis passée par la case « prison »

  1. j’aime beaucoup ta façon d’écrire, c’est glaçant mais pas frigorifiant… euh je précise que c’est un compliment parce que là comme ça on dirait pas mais si si !

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